Laine

Toutes les laines ne se valent pas. Toutes les laines sont utiles.

Aiguilletage de la laine pour fabriquer, entre autres, de l'isolant. Photo Ygaëlle Dupriez

Une laine trop épaisse, trop courte, trop ‘jarreuse » (1) ou trop hétérogène pour être filée n’est pas nécessairement une laine sans valeur. En Belgique comme en France, la recherche de nouveaux débouchés permet de transformer des toisons aujourd’hui considérées comme inutilisables en ressources pour le bâtiment, le jardinage ou l’industrie. (Dans le temps, toutes les laines étaient utilisées, bien sûr, que ce soit pour l’habillement des humains ou des maisons, ou la literie)

Quand on parle de valorisation de la laine, on pense souvent aux beaux fils à tricoter, aux vêtements doux ou aux couvertures confortables. Pourtant, une partie des laines produites par les élevages ne possède pas les caractéristiques nécessaires à ces usages.

Cela ne signifie pas qu’elles sont de mauvaise qualité. Cela signifie simplement qu’elles ne correspondent pas à nos usages actuels ou qu’elles ne sont pas adaptées pour le tricotage, par exemple.

Pourquoi certaines laines ne peuvent-elles pas être filées ?

Les caractéristiques d’une laine dépend de plusieurs critères : le diamètre des fibres (finesse égale souvent douceur), leur longueur, leur résistance, leur ondulation, leur homogénéité, leur couleur et la présence de jarre (1).

Une laine très grossière peut être désagréable au contact de la peau mais fera un tapis très solide. Une toison composée de fibres très courtes est plus difficile à filer mais pourra intégrer, en mélange, des feutres ou des aiguilletés. Une laine fortement souillée ou mélangée à des débris végétaux nécessite trop de nettoyage et de préparation mais pourra servir en isolant ou tapis de paillage.

(1) Le jarre est un poil, différent de la fibre de laine. Epais, assez court et peu souple, il pousse et puis se brise dans la toison, qui l’emprisonne. C’est lui, souvent, qui donne des laines qui grattent. Sa présence en grand nombre, dans certaines toisons, empêche la valorisation textile classique.

Chaque race de mouton a ses particularités lainières (et ses particularités de taille, morphologie, prolificité, rusticité, etc.)

L’isolation : un débouché pour certaines laines

La laine de mouton possède naturellement de bonnes propriétés isolantes. Sa structure fibreuse retient l’air et contribue à limiter les transferts thermiques. Elle peut également participer à la régulation de l’humidité dans les matériaux de construction. C’est aussi un excellent isolant acoustique. On l’utilise comme isolant en panneaux, rouleaux (liée avec 10-15% de synthétique) ou flocons.

Dans le jardin aussi

Les laines qui ne conviennent pas au textile peuvent également être transformées en tapis de paillage horticoles (on dit parfois feutres horticoles, mais ce n’est pas du feutre, ça m’embête qu’on dise ça, c’est de l’aiguilleté 😉 ). Placées au pied des plantations, ces matières peuvent limiter l’évaporation de l’eau, freiner le développement des adventices, favoriser la vie du sol, éviter le martèlement de l’eau et donc le durcissement du sol, et se dégrader progressivement.

On trouve aussi maintenant des granulés d’engrais fabriqués à partir de toisons. Et là, plus elles sont sales, mieux c’est. Alors que pour les usages à plus haute valeur ajoutée, on recherche les laines les plus propres possible.

La valorisation de la laine belge ne consiste donc pas à vouloir transformer toutes les toisons en vêtements. Elle consiste à trouver le meilleur usage possible pour chaque fibre.

C’est une condition essentielle pour que la laine des élevages locaux redevienne une véritable ressource économique plutôt qu’un coproduit encombrant dont les éleveurs ne savent que faire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


La période de vérification reCAPTCHA a expiré. Veuillez recharger la page.