Pourquoi faut-il absolument tondre les moutons ?
Garder la laine sur le dos de la brebis nuit gravement à sa santé.
La tonte annuelle est donc nécessaire pour la santé des moutons et un élevage de qualité.
Obligation de tondre
La laine du mouton est une fibre dont la pousse est continue. Un mouton que l’on ne tondrait pas se retrouverait enveloppé d’une masse de laine de plus en plus grande et encombrante. En plus, la laine serait petit à petit feutrée, sale, humide et moisie. Bonjour les bestioles et les démangeaisons !
Le mouton a chaud
Au dessus de 25°, il recherche l’ombre, ne mange plus et chôme. En été, les brebis se portent mieux avec moins de laine. Mais il faut qu’elles soient recouverts d’un minimum de laine (un peu de repousse) pour se protéger de la chaleur du soleil direct. Juste après la tonte, il est recommandé de mettre les brebis à couvert pour éviter les coups de soleil.
Le mouton n’a pas froid
Au dessus de 10°, un mouton fraîchement tondu et en bonne santé n’a pas froid, à condition qu’il ne soit pas mouillé ou en plein vent.
Le mouton n’a pas mal
La méthode de tonte pratiquée par les professionnels permet à l’animal de se laisser aller et de ne pas trouver d’appuis pour se relever (en étant « assis »). Le mouton n’est pas entravé, il est donc libre de ses mouvements. Le tondeur n’utilise pas la force pour contenir l’animal, qui est en général tout à fait tranquille. Les brebis sont tondues à jeun, ce qui évite que la panse ne comprime les poumons et rende la position de la tonte inconfortable.
Malgré son habileté et son expérience, le tondeur professionnel n’est pas à l’abri du risque de coupure. Il arrive aussi que la peau du mouton ait des faiblesses (manque de résistance due au vieillissement ou à la maladie…) ou des aléas (boutons, kystes, anciennes blessures, laines sales ou crottées, laines jaunes, fanons, plis de certaines races…) qui sont la cause de petites écorchures sans gravité. Tous les tondeurs savent désinfecter les petites coupures. Elles ressemblent aux coupures qu’un homme se fait en se rasant la barbe.
Les agneaux appréhendent
Les agneaux ont tendance à bouger un peu plus que leurs parents pendant la tonte car ils sont jeunes et ignorants. Cependant les tondeurs expérimentés pratiquent une tonte fluide et ininterrompue qui berce les agneaux et les calme.
Le tondeur va très vite
Tondre vite signifie que le tondeur a la maîtrise de la technique de tonte et de la contention de l’animal. Les blessures font bouger les animaux et ralentissent le tondeur, ce qui explique que ce sont souvent les tondeurs les plus rapides qui effectuent la tonte la plus propre, sans déprécier la laine et sans couper la peau.
Le bien-être intégral
Après la tonte, les bêtes sont plus propres, plus légères et plus dynamiques. La tonte stimule l’appétit des brebis et des agneaux et augmente la vigueur des béliers.
Hygiène
On peut considérer que la tonte est un acte d’hygiène vétérinaire qui évite l’apparition de parasites externes (tiques, myiase, gales, mélophages….) qui peuvent facilement s’installer dans la toison chaude et humide si elle n’est pas réalisée régulièrement. La tonte de l’arrière train, ou écussonnage, soulage l’animal des parties crottées. Tondre les brebis avant l’agnelage permet à l’agneau de trouver plus facilement les mamelles et lui évite de téter en vain des mèches de laine. La brebis tondue se met à l’abri du vent et du froid et protège mieux ses petits. En outre, elle mange avec plus d’appétit ce qui lui permet de produire plus de lait. La laine sur les brebis maintient une humidité importante dans la bergerie et l’atmosphère y devient malsaine. Il est donc recommandé de tondre les animaux avant la rentrée en bergerie quand il s’agit de troupeaux qui passent l’hiver entièrement en bergerie.
Élevage plus facile
L’éleveur diagnostique mieux l’état de santé de ses animaux quand ils sont tondus car il les voit mieux. Le fait d’être tondu fait gagner de la place en bergerie et à la mangeoire, ce qui facilite les mouvements des animaux. Les manipulations (tri, prises de sang, vaccinations, taille des onglons, sortie de bergerie…) sont plus aisées et moins risquées (risque d’étouffement). De plus, la tonte est un moment où chaque animal est vu dans son entièreté, ce qui permet de voir tout problème de santé non visible jusque là.
Conclusion
Si la tonte est utile à l’homme, pour récolter une matière première naturelle aux qualités uniques, elle est surtout une condition du bien être animal et est indispensable à la bonne santé du mouton.
Article légèrement modifié issu de L’Association des tondeurs de moutons (France), qui organise très régulièrement des formations à la tonte et des concours de tonte et publie des ressources pour tous ceux qui gravite autour de la tonte et de la récolte de la laine. .
