Laine

De la toison au produit fini, quelles sont les étapes de transformation de la laine ?

Schéma des étapes de transformation de la laine dessiné par Ygaëlle Dupriez

Un pull, une couverture ou une paire de semelles en laine semblent parfois être des objets simples. Pourtant, entre le mouton et le produit fini, de nombreuses opérations et savoir-faire sont nécessaires. Comprendre ce parcours permet de mieux apprécier la valeur d’un produit en laine. C’est aussi pour cela que je vous parle de traçabilité ;-).

Lorsqu’on achète un article en laine, on regarde généralement sa douceur, sa couleur, sa forme ou son prix. Mais cela ne dit pas grand-chose de son parcours.

1. La tonte et le tri de la laine

Tout commence à l’élevage, puisque l’éleveur peut faire attention à la laine de différentes manières : pâturage en plein air, rentrée des brebis avant la tonte, rateliers au sol, choix du marquage soluble des brebis, etc. Ensuite, la tonte permet de récolter la toison des brebis, généralement une fois par an. (La laine tondue 2 fois par an est trop courte pour de nombreux usages.)

Si on veut l’utiliser,la laine est ensuite triée : on peut séparer les différentes parties de la toison en fonction de leur finesse, de leur longueur, de leur couleur et de leur propreté. Cette opération est essentielle pour avoir une laine à la fois propre et adaptée à l’usage qu’on veut en faire. Pour les produits de La Laine des coccinelles, et pour la majorité des valorisations locales, seules les parties jaunies, pailleuses, feutrées, crottées, très courtes sont retirées par les personnes qui assistent le tondeur ou la tondeure..

2. Le lavage

La laine brute contient naturellement de la graisse (la lanoline), de la sueur, de la poussière, de la terre, de l’urine et des débris végétaux liés à la vie de l’animal. Elle doit donc être lavée, à l’eau chaude et au détergent doux, dans des installations adaptées. Pour ma part, ma laine est lavée chez Traitex, à Verviers (Belgique). Nous avons en effet la chance d’avoir un des tous derniers lavages de laine industriels d’Europe.

La lanoline est parfois récupérée pendant le lavage et sert en cosmétique.

3. Le cardage et le peignage

Une fois lavées, les fibres peuvent être cardées, ou cardées et peignées.

Le cardage permet de les ouvrir, de les séparer et de les mettre relativement dans le même sens pour pouvoir être filées. Le peignage, lorsqu’il est utilisé, aligne davantage les fibres et élimine les fibres les plus courtes.

Le choix de la technique dépend du type de fil recherché. Le fil issu d’une nappe cardée sera plus aéré, avec quelques fibres qui dépassent, et sera plus chaud puisqu’il contient plus d’air. Le fil issu de rubans peignés sera plus lisse, plus homogène et un peu moins chaud.

4. La filature

Les fibres préparées sont étirées et reçoivent une torsion de plus en plus forte pour former un fil continu. Le fil est le plus souvent « retordu » : 2,4, 8 ou davantage de fils sont filés une deuxième fois, ensemble. Le fil obtenu est ainsi plus gros, plus moelleux et plus solide.

5. La transformation du fil en produit

Le fil peut ensuite être tricoté ou tissé (ou crocheté, mais uniquement à la main). Il peut être teint, coupé, assemblé et confectionné pour devenir un vêtement, une couverture, un accessoire ou un objet de décoration. Il peut être feutré (pour donner la laine bouillie) ou sera foulonné (pour donner de la souplesse et du tombé aux tissus).

6; La literie et le rembourrage

Certains produits, comme les matelas, oreillers, coussins ou couettes, utilisent directement les fibres cardées, sans passer par la filature.

7. Le feutrage

Les fibres de laine sont recouvertes d’écailles, qui s’ouvrent à l’humidité. Une fois ouvertes, les écailles s’emmêlent si on frotte et bouge la laine, au point de se solidifier et de rétrécir la matière. La laine feutrée (à plat ou en volume) est très solide et peut servir autant dans l’habillement que dans l’ameublement et la décoration. Des semelles au maniques, des carpettes de bain aux sacs, de nombreux produits peuvent être réalisés en feutre.

Toutes ces étapes peuvent être réalisées en Belgique, en France ou en Allemagne. Pourtant, pour bien des produits que l’on trouve un peu partout dans les magasins ou en ligne, elles sont réalisées en Asie, dans des conditions humaines et environnementales catastrophiques.

D’où l’importance de vous parler de traçabilité pour tous les produits de La Laine des coccinelles. Car il ne suffit pas qu’un produit soit en laine pour qu’il soit réellement vertueux. Vous trouverez donc sur le site un maximum d’information sur les personnes, les lieux, les entreprises impliqué.e.s dans la transformation des laines que j’achète, à un prix équitable, danns les bergeries du Gros Cron et du Gaec Mariembourg.

Un beau produit en laine ne se résume pas à sa matière : il raconte aussi une histoire, celle des personnes et des savoir-faire qui lui ont donné naissance.

PS : si tout ceci vous intéresse, je donne régulièrement une journée de formation -très dense- Connaissance de la laine. Et je peux venir la donner dans votre association, école, groupement, entreprise.

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